Naive New Beaters – Wallace

« Leroy Merlin, et vos envies prennent vie ! »

Il y a quelques années, ce slogan se baladait partout dans les médias. Et, peut-être par prémonition, c’est dans cette entreprise que trois étudiants se rencontrent, ou plutôt commencent à s’apprécier. L’un s’occupe de business, l’autre de gestion et le dernier de… menuiserie. Sachez cependant que la version officielle prétend que c’est au lycée que nos lascars ont fait connaissance. Toujours est-il qu’ils décident de monter un groupe, mélangeant le kiff électro d’Eurobelix, les guitares d’un Martin Luther BB King nourri au rock et le flow de David Boring, un fan de rap à l’accent anglais délirant – le bonhomme a vécu les dix premières années de sa vie en Californie. Les Naives New Beaters étaient nés.

Cinq ans plus tard et avec de l’expérience au compteur (découverte CQFD 2007 des Inrocks, premières parties de The Kills en 2008, deux maxi et une pléiade d’autres concerts depuis), les « NNBS » sortent leur premier album, sobrement intitulé Wallace.

La galette contient dix titres et ne dure que trente-neuf minutes, mais on a l’impression d’en vivre beaucoup plus en l’écoutant. C’est un vrai show, en deux parties, qui commence avec un échauffement, L.A. Trumpets : David Boring prend son souffle, présente ses potes et la machine est lancée. Une machine à tubes en puissance. Le premier d’entre eux invite à « procurer de l’amour » (Get Love). La formule est simple : un riff distordu en intro ; pour les couplets, un gros beat pointillé de sons aigus et des syllabes accentuées ; des refrains au texte minimaliste mais entêtant, accompagné de power chords. Quelques ajouts de vocalises Boring-iennes et de guitare mélodique et le morceau reste accroché aux oreilles. Telle une savante cuisine destinée à satisfaire toutes vos papilles auditives, le son des NNBS vous plaît dans ses moindres recoins. « Vos envies prennent vie » !

Avec le même moule, les Naive New Beaters enchaînent le cultissime Live Good (son rythme robotique dansant qui tranche avec le refrain pop marque obligatoirement), le funky-rapé Wow Now et l’énervé Can’t Choose. Fin du premier acte. Le plus intéressant.

Car à part The Last Badaboum (rien que le titre !) et son solo, le reste de l’album est un peu plus posé. On se croirait presque sur une plage hawaïenne entouré de ukulélés sur Just Another Day, dans un bar sur Janeiro ou en train d’assister à une conférence de presse hollywoodienne version rap avec Boring David. Pas de quoi s’ennuyer mais pas de quoi s’affoler non plus.

Alors on remet l’album au début et on cherche d’autres secrets intrigants. C’est à ce moment qu’on s’attarde sur les paroles. Les textes ne sont pas politiques ou ultra philosophiques. Mais on ne va pas non plus dire qu’ils sont d’une banalité niaise. Loin de là. C’est juste que les NNBS ne se prennent pas la tête et les paroles reflètent cet état d’esprit : ça parle de KFC, d’amour comme en primaire, d’espoir et du plaisir simple de vivre.

Enfin, cerise sur le gâteau pour les amateurs de CDs : le livret. Chacune des pages est une petite trouvaille artistique, la palme revenant sans doute à celle de Can’t Choose puisque, pour en lire les paroles, il faut chercher le texte au milieu de toutes les références du groupe (de Naruto à Guns N’ Roses). C’est aussi sur la pochette que l’on va trouver des symboles amusants : alors que David Boring drague deux nanas, « NNBS » explose au grand jour depuis la porte d’un hangar (de répét ?), même si Eurobélix et Martin Luther BB King tentent de le retenir. Synonyme que le groupe est en train de monter aux sommets des hit parades mais qu’il ne veut pas trop en faire et garder les pieds sur terre ?

= La pochette de Wallace =

= Quelques morceaux de leur Free Mobile Concert pour Arte =

–> Can’t Choose

–> Live Good

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